L'info régionale

Réseaux sociaux

Conseillère du ministre pour la « sortie de la dépendance aux produits phytosanitaires » : les agriculteurs ne sont pas des drogués, les plantes non plus !

Julien Denormandie

Conseillère du ministre pour la « sortie de la dépendance aux produits phytosanitaires » : les agriculteurs ne sont pas des drogués, les plantes non plus !

Le ministre de l’Agriculture a, comme à l’accoutumée au sein du cabinet ministériel, nommé une conseillère pour les filières végétales par un décret paru au Journal officiel du 1er août 2020. Cependant, il a complété son titre habituel par une étonnante mention : « sortie de la dépendance aux produits phytosanitaires ».

Pour la Coordination Rurale (CR), cette mention est un affront inacceptable pour les agriculteurs et leur savoir-faire. Cela est révélateur d’un état d’esprit du ministre de l’agriculture qui cède au chant des sirènes bobo-urbaines, totalement ignorantes de la biologie végétale et opposées à l’agriculture raisonnable que cherche à pratiquer l’immense majorité des agriculteurs.

Si l’agriculture française est la meilleure du monde, comme se plaisent à le déclamer le président de la République et les ministres qui se succèdent à l’Agriculture, c’est bien parce que les agriculteurs français prennent un grand soin de leurs récoltes et veillent à intervenir avec les produits pharmaceutiques, officiellement homologués, lorsqu’un problème sanitaire intervient en cours de végétation ou que de mauvaises herbes envahissent leurs récoltes.

« Un tel titre au sein du cabinet ministériel, laisse entendre que les agriculteurs sont comme des drogués, alors qu’ils subissent l’inaction des pouvoirs publics sur le sujet ! », s’indigne Max Bauer, secrétaire général adjoint de la CR.

« L’État doit assumer sa responsabilité dans cette affaire ! C’est LE grand raté du plan Ecophyto : dépenser de l’argent à mauvais escient en ne mettant pas le paquet sur la recherche d’alternatives, préalables évidents et indispensables à la réduction d’utilisation des produits phytopharmaceutiques. »

La CR ne s’oppose pas à la baisse de la consommation des produits phytosanitaires, puisque ses membres ont comme souci constant d’en réduire les doses et les applications, et ceci en vertu de leur savoir-faire et de leur expérience. Cependant, l’impératif préalable à tout nouveau retrait d’autorisation d’utilisation de ces produits, est la réalisation d’études d’impacts sanitaires et économiques, mais aussi en matière de sécurité alimentaire.

L’État ne peut pas, sous prétexte de satisfaire quelques adeptes de la décroissance durable, laisser les agriculteurs et leurs cultures seuls face à des impasses techniques. La CR va demander à rencontrer au plus vite cette conseillère afin de connaître ses réelles ambitions en matière de réduction d’usage de produits phytosanitaires et de la sensibiliser sur ce sujet, directement lié à la sécurité de l’alimentation de nos concitoyens.