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Conseil de surveillance : un avis favorable à la dérogation NNI mais des rotations culturales à défendre !

Conseil de surveillance : un avis favorable à la dérogation NNI mais des rotations culturales à défendre !

La Coordination Rurale défend les betteraviers au conseil de surveillance

Le vendredi 22 janvier 2021, le conseil de surveillance des néonicotinoïdes se réunissait pour la première fois afin de débattre et de rendre un avis sur le projet d’arrêté autorisant provisoirement l’emploi de semences de betteraves sucrières traitées avec des produits phytopharmaceutiques contenant les substances actives imidaclopride ou thiamethoxam.

La représentante de la Coordination Rurale (CR), Aurélie Hallain, a apporté son expérience sur la question des rendements, car elle a elle-même subi des pertes considérables. En effet, alors qu’elle est irrigante avec un historique à plus de 100 T/ha de moyenne, elle n’a obtenu qu’une moyenne annuelle de 39T/ha. La CR a ainsi défendu l’intérêt des betteraviers en rappelant l’importance de cette dérogation pour nos exploitations. Nous avons rappelé que toutes les agricultures, aussi bien l’agriculture conventionnelle que bio, ont été touchées, que les pertes de rendement peuvent être catastrophiques et que ces pertes doivent bien être imputées à la jaunisse, la sécheresse ne pouvant être à elle seule responsable d’une telle baisse de rendement.

Par 22 votes pour, 7 votes contre et 1 abstention, le Conseil de surveillance a rendu un avis favorable sur le projet d’arrêté.

 

Des cultures à anticiper…

Cela dit, la CR ne peut pleinement se satisfaire du projet d’arrêté dans son état actuel.

En effet, en l’état, après une culture en 2021 de betteraves sucrières dont les semences ont été traitées avec de l’imidaclopride ou du thiamethoxam, seules les cultures suivantes (incluant les cultures intermédiaires) peuvent être semées, plantées ou replantées :

  • À partir de la campagne 2022 : Avoine, Blé, Choux, Cultures fourragères non attractives, Cultures légumières non attractives, Endive, Fétuque (semences), Moha, Oignon, Orge, Ray-grass, Seigle ;
  • À partir de la campagne 2023 : Chanvre, Maïs, Pavot/œillette, Pomme de terre ;
  • À partir de la campagne 2024 : Colza, Cultures fourragères mellifères, Cultures légumières mellifères, Féverole, Lin fibre, luzerne, moutarde tardive, Phacélie, Pois, Radis, Tournesol, Trèfle, Vesce.

 

Pour la CR cela n’est pas acceptable ! En effet, nous militons pour que les agriculteurs puissent semer toutes les cultures qu’ils souhaitent à partir de 2023 ! Ces restrictions pourraient engendrer de très lourdes pertes économiques pour nos exploitations ! De plus, nous rappelons que les cultures d’oléoprotéagineux et les inter-cultures fleuries sont une ressource alimentaire primordiale pour les pollinisateurs. Ne les permettre qu’en 2024 reviendrait donc paradoxalement à diminuer leur ressource alimentaire pour mieux les protéger, et ce, alors même que le manque de ressource est l’une des principales causes de mortalité des abeilles, bien avant l’utilisation de néonicotinoïdes !

Ainsi, le conseil de surveillance demande au gouvernement d’étudier la possibilité de compléter le projet d’arrêté par des dispositions permettant que l’implantation de certaines cultures puisse être anticipée. Nous avons rappelé à ce titre, dans un courrier envoyé au président du conseil, l’importance d’informer au plus vite les betteraviers des dispositions qui seront prises.

 

Le sujet des NNI : l’arbre qui cache la forêt !

Si le débat sur l’utilisation des néonicotinoïdes occupe l’entièreté de l’espace politique et médiatique, nous tenons à rappeler qu’il est loin de constituer le seul problème de la filière betterave mais qu’il n’est que l’arbre qui cache la forêt !

En effet, la possibilité d’obtenir des dérogations n’est actée que pour 3 ans. Il faut donc dès maintenant travailler activement à la recherche d’alternatives. On peut, par exemple, s’intéresser aux semences présentant une plus grande résistance à la jaunisse.

De plus, il est illusoire de penser qu’il suffit d’autoriser provisoirement l’utilisation de certains produits phytopharmaceutiques pour sauver une filière fortement fragilisée, et dont les prix payés au producteur se sont effondrés suite à l’arrêt des quotas. Il est nécessaire et urgent d’obtenir des prix rémunérateurs !