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Choucas : il est plus que temps d’agir !

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Choucas : il est plus que temps d’agir !

Les choucas continuent de proliférer et de faire des ravages dans les champs bretons. Nombreux sont les producteurs de maïs ou de légumes à constater des dégâts importants. Pour Bruno Demeuré, éleveur et président de la CR29 : « lorsqu’un champ est ravagé ce sont des pertes sèches énormes pour l’agriculteur et rien n’est prévu pour les indemniser car seuls les dégâts par le grand gibier (cerf, chevreuil, sanglier) sont pris en compte ».

Précisons au passage que les agriculteurs ne sont pas les seules victimes de ces oiseaux. Comme le confirme la préfecture, ils sont aussi dangereux pour les habitations : « la prolifération des choucas des tours fait peser des risques pour la santé humaine et la sécurité publique, notamment par l’installation des nids dans les cheminées qui s’opposent à l’évacuation des gaz et fumées des appareils à combustion ».

Quelles solutions face à ces oiseaux protégés mais nuisibles ?

La pose d’épouvantails ou d’effaroucheurs ne résout aucunement le problème, il ne fait que le déplacer. Si en 2019 le préfet du Finistère a pris un arrêté autorisant le prélèvement de 7 000 choucas, cela reste très insuffisant si l’on compare avec la progression de la population. En quelques années seulement, le nombre de choucas serait passé à 300 000 rien que dans le Finistère.

Pour Sébastien Abgrall, élu à la Chambre du Finistère : « les Chambres d’agriculture bretonnes doivent accélérer leurs démarches pour que les choses évoluent dans le bon sens. Pour la Coordination Rurale la solution est claire : il faut indemniser les victimes et réguler la population sans attendre car en plus des pertes financières il s’agit pour les agriculteurs d’une pression psychologique supplémentaire ».

La Coordination Rurale qui a déjà saisi la DREAL et a rencontré à deux reprises le ministre de la Transition écologique ne compte pas abdiquer sur ce sujet. D’ailleurs, lors d’une récente rencontre avec le préfet du Finistère, les représentants syndicaux ont martelé qu’il était plus que temps d’agir.

Témoignage : « À cause des choucas il nous sera difficile d’atteindre notre objectif d’autonomie »

Jean-Pierre, producteur de lait dans le Finistère (29) :

« Cette année, sur notre exploitation, nous avons entamé un changement important dans notre assolement. Nous avions pour objectif d’aller rapidement vers l’autonomie alimentaire de notre troupeau laitier. Nous avons implanté à la mi-mars 25 hectares de prairies multi espèces, sous couvert d’un méteil (avoine, pois et vesce). L’équilibre du mélange (40 % d’avoine, 40 % de pois et 20 % de vesce) est à ce jour très compromis par les prélèvements fait par les choucas et les ramiers.

En effet, ils tirent sur le plan dès sa levée pour pouvoir manger le grain. Seuls les pois les intéressent. La valeur alimentaire de notre mélange sera donc fortement impactée par la faible quantité de pois qui aura pu se développer. Il nous faudra acheter du soja OGM ayant reçu du glyphosate pour corriger la ration en protéines. À cause de ces volatiles, il nous sera donc difficile d’atteindre notre objectif d’autonomie.

Les dégâts sont nombreux : les trous faits dans les bâches qui couvrent les silos de stockages de nos ensilages de maïs et herbes. Les pertes sont d’environ 7 % de nos stocks.

Je ne comprends pas les raisons qui font que ces volatiles sont protégés. Pour nous, il s’agit de nuisibles et les gens qui les protègent doivent assumer leurs choix et indemniser les exploitants qui subissent les préjudices. »