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Bulletin EMB Juillet 2018

Bulletin EMB Juillet 2018

L’OPL de la Coordination Rurale contribue, chaque mois, au bulletin de l’EMB (European Milk Board). Pour l’édition du mois de juillet, sa contribution porte sur la restructuration de la filière laitière française. Le bulletin complet est à retrouver ici !

La filière laitière française doit se restructurer

Dès son investiture, Emmanuel Macron a lancé les États Généraux de l’Alimentation (EGA) obligeant les différentes interprofessions à proposer des « plans filières », autrement dit des projets de développement et de transformation des filières agricoles et agroalimentaires.

Ces plans doivent viser des négociations plus transparentes tout en prévoyant d’inverser le calcul du prix des produits finis en partant des coûts de production. Le plan filière lait s’avère principalement axé sur la montée en gamme plutôt que sur la couverture des coûts de production, engagement pourtant prôné par tous. Si la discussion sur les indicateurs de production n’est pas optimale, de nombreuses démarches s’inspirant de FaireFrance émergent comme celle, par exemple, des « Laitiers responsables » de la coopérative Sodiaal et dont l’impact sur les prix aux coopérateurs reste à mesurer. Le fait que nos industriels (privés ou coops) avancent couvrir les coûts de production d’un très faible pourcentage des volumes ne doit pas permettre de valider un plan de filière qui ne modifierait en rien la situation actuelle !

Une marge répartie unilatéralement

La confrontation des performances des filières laitières française et allemande s’avère riche d’enseignements. En 2016, la production laitière allemande s’élevait à 31,3 millions de tonnes contre 24,7 pour la France et le chiffre d’affaires total de la transformation à 21,9 milliards d’euros contre 30 milliards en France. Le chiffre d’affaires s’élevait donc pour l’Allemagne à 0,699 €/L contre 1,214 €/L pour la France. Il s’avère difficile de croire que les industriels français supportent un surcoût de charges de 42 % (515 €/1000 l)  par rapport à leurs collègues allemands ! D’ailleurs, si l’on prend comme référence le chiffre d’affaires de 2010 des industriels laitiers français, ces derniers auraient cumulé, en 7 ans, 32 Mds d’€ de chiffre d’affaires supplémentaires (soit plus que celui d’une année comme 2017), ce qui revient à +190 € pour chaque 1000 litres transformés durant ces 7 années ! Les producteurs français n’étant pourtant pas mieux payés que les allemands et les industriels allemands certainement pas moins performants que les Français, il est donc légitime de se retourner vers ces industriels avant même de s’adresser aux distributeurs !

Un besoin de regroupement des producteurs

Afin de redonner du poids aux trop nombreuses organisations de producteurs (~60 OP agréées) dans les négociations sur le prix et les volumes, ces dernières, ainsi que les coopératives (représentant plus de la moitié du lait livré en France) doivent impérativement se regrouper en Associations d’Organisation de Producteurs (AssOP) conséquentes et le moins nombreuses possible. Avec cette organisation collective et, si nécessaire, une baisse de production, les producteurs pourront enfin tirer les prix vers le haut et obtenir les 100 € manquants pour atteindre les 450 € revendiqués par l’OPL et toutes les organisations de l’EMB.