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Le bon sens paysan au lac de Caussade

Lac de Caussade - Printemps 2019 - ©Chambre d'agriculture 47

Le bon sens paysan au lac de Caussade

Les bâtisseurs ont terminé la construction du lac de Caussade ce printemps. A ce jour, la collecte de l’eau suit son cours. Il faudra environ une année pour remplir ce lac véritablement, en fonction de la pluviométrie. Les agriculteurs pourront bientôt irriguer ; le soutien d’étiage est également prévu. L’essentiel est bien là. Pourtant, les dossiers administratifs et judiciaires du lac de Caussade ne sont pas clos.

Des études complémentaires sont en cours pour tenter de le régulariser sur le plan administratif. Pour le volet pénal, le Tribunal de grande instance d’Agen convoque Serge Bousquet-Cassagne et Patrick Franken ce mercredi 10 juillet 2019 à 8h45.

Le lac de Caussade en résumé

Le Graal

Après des années d’échanges avec l’Administration, l’arrêté du 29 juin 2018 autorise enfin la construction de ce lac. Irréprochable tant sur le fond que sur la forme, le projet peut enfin voir le jour. Plus de vingt ans que les agriculteurs du secteur attendaient le Graal !

Le fait du prince

A l’automne 2018, les ministres de l’Agriculture et de l’Écologie font retirer l’arrêté d’autorisation du lac de Caussade. Absentes jusque-là, des associations écologistes prennent alors place et s’opposent à cet arrêté devant les tribunaux. S’en suivent des procédures judiciaires entre ces associations et les porteurs du projet du lac de Caussade. Le fiasco administratif est tout à fait navrant.

Le bon sens paysan et le début des travaux

Face aux accointances de l’Administration avec les écologistes, les agriculteurs comprennent que l’avenir du lac est à nouveau compromis. Ils prennent leur décision et démarrent le chantier.
Localement, la mobilisation et le comité de soutien sont denses : professionnels de l’agriculture, citoyens, élus de tous bords défendent ce lac. A l’appel de la Coordination Rurale 47, 400 agriculteurs ont convergé au lac de Caussade le 23 janvier 2019 dès 5h30. Missionnés par la préfète de Lot-et-Garonne, suite à la décision de justice du Tribunal administratif de Bordeaux, les gendarmes avaient pour ordre de poser des scellés sur des engins de chantier présents sur le site. Avec fermeté mais sans provocation ni violence, les agriculteurs se sont opposés à la mission des forces de l’ordre, et les scellés n’ont pas pu être posés.
La présence de nombreux élus locaux, notamment tous les maires de la Communauté de communes Lot-et-Tolzac, écharpes en évidence aux côtés des paysans, témoigne bien de la pertinence de ce projet et de son unanimité au sein de son territoire et au-delà. Saluons aussi ceux des nôtres, maires, sénateurs et députés, qui ont porté nos voix à Paris. Les soutiens sont unanimes.

Des délais et des économies records

La construction du lac de Caussade intervient dans un délai record en plein hiver. Les bâtisseurs du lac, agriculteurs bénévoles, se sont relayés nuits et jours pour participer au chantier. Une belle preuve de solidarité paysanne !
Le montant total des travaux est également à saluer. Sa construction n’a en effet coûté « qu’un million d’euros » à la place des quatre millions d’euros prévus initialement. Pas de gaspillage d’argent public : le budget est presque divisé par quatre.
Les Associations syndicales autorisées (ASA) locales assumeront les dépenses après l’avance réalisée par la Chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne
La réalisation du lac suit scrupuleusement l’arrêté d’autorisation du 29 juin 2018.

L’arrêté préfectoral de trop

Alors que nous sollicitons en vain les Administrations, le préfet de Région et le préfet de bassin pour tenter de trouver une issue favorable à ce dossier, la Préfecture de Lot-et-Garonne publie un nouvel arrêté, celui du 3 mai 2019.
Celui-ci nous contraint à cesser les travaux, à supprimer l’ouvrage, remettre en état le site et consigner plus d’un million d’euros correspondant aux travaux de suppression de l’ouvrage. La Chambre d’agriculture le refuse.
Partant, les maires du département se réunissent au lac de Caussade le 23 mai dernier pour affirmer leur soutien à cet ouvrage. Ils évoquent très clairement leur volonté de décider de l’intérêt et de la pertinence des projets sur leur territoire. Question de bon sens !

Armistice

La rencontre avec Madame Buccio, préfète de la région Nouvelle-Aquitaine, le 5 juin dernier aboutit à un compromis pour sortir de cette situation de blocage.
La Chambre d’agriculture de Lot-et-Garonne doit réaliser des études complémentaires : étude de la sécurité de l’ouvrage, étude d’impact environnemental, mise en œuvre d’une concertation « avec l’ensemble des parties prenantes et acteurs de l’eau du bassin concerné ».

Convocation au tribunal mercredi 10 juillet 2019

Le lendemain de cet entretien, le 6 juin 2019, Serge Bousquet-Cassagne et Patrick Franken reçoivent une convocation au Tribunal de Grande Instance d’Agen. Ils comparaissent ce mercredi 10 juillet 2019 pour des infractions au Code de l’Environnement, de dégradation de biens et de violation d’une obligation de prudence ou de sécurité. Tout compte fait, nous dirigeons-nous véritablement vers une voie d’apaisement ?
Il faut souligner que Serge Bousquet-Cassagne et Patrick Franken ne doivent pas subir les conséquences des puissants enjeux politiques qui ont été à la base de tous les maux du lac de Caussade.

Pour Serge, Patrick et tous ceux qui bâtissent l’avenir, mobilisons-nous !
Rendez-vous demain, mercredi 10 juillet 2019 à 8h45 devant le Tribunal de Grande Instance d’Agen – Place Armand Fallières – 47000 AGEN.