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Assurance récolte : la généralisation n’est plus à l’ordre du jour

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Assurance récolte : la généralisation n’est plus à l’ordre du jour

Vendredi 19 juillet, la Coordination Rurale était invitée au ministère de l’Agriculture pour participer à une réunion au sujet de l’assurance récolte. Si notre position est claire et stable depuis des années (voir nos propositions à ce sujet), celle du syndicat majoritaire restait encore floue malgré les nombreux appels des administrateurs FNSEA-Groupama-Crédit Agricole à rendre le dispositif obligatoire.

En début de rencontre, Damien Brunelle, représentant de la CR, a insisté sur la nécessité de laisser la liberté aux agriculteurs de souscrire ou non à ces assurances et a rappelé les solutions alternatives (et complémentaires) à l’assurance récolte comme l’irrigation, l’épargne de précaution et le développement de moyens de prévention mutualisés.

Force est de constater que la FNSEA a su se ranger du côté du bon sens paysan, et de ce que défend la CR depuis toujours, puisque ce matin elle a officiellement pris position contre l’obligation de souscrire à une assurance climatique obligatoire jugeant que « les agriculteurs n’étaient pas encore prêts pour cela », et préférant « rendre appétant l’assurance récolte sans forcer la main » – et défendant une fiscalité adaptée de façon à améliorer l’épargne de précaution.
On peut légitimement s’interroger sur ce revirement de position : est-ce que le réseau FNSEA s’est rendu compte que les baisses de production provoquées par les récents accidents climatiques pénalisent les marchés et donc la filière, et qu’il convient, pour le bon fonctionnement de cette dernière d’anticiper les risques et donc de favoriser la prévention ?

Quoi qu’il en soit il s’agit d’évolutions syndicales que la Coordination Rurale salue et encourage à renouveler.

Parallèlement la FNSEA, l’APCA et le gouvernement se sont prononcés en faveur d’une « forte incitation à la prévention individuelle » afin de préserver les volumes de production et garantir l’approvisionnement sur les marchés. Sur ce point, la CR rejoint la nécessité d’agir en faveur de la prévention mais privilégie les outils collectifs (à l’échelle du canton ou du département) comme c’est le cas dans le Lot-et-Garonne et dans le Rhône et pour lesquels les résultats sont probants.

En fin de rencontre, le gouvernement a annoncé la création d’une énième commission sur la gestion des risques et sur la nécessité de rendre attractive l’assurance récolte.
La Coordination Rurale, égale à elle-même, restera constante sur les propositions qu’elle formule depuis 15 ans en s’opposant à la fois au caractère obligatoire de ces assurances ainsi qu’à tout conditionnement des aides PAC à la souscription d’une assurance.

Rappel de nos recommandations en 2005, suite à la parution du rapport BABUSIAUX :

Pour la CR, la meilleure gestion du risque est la prévention. Une exploitation saine financièrement et ayant pu constituer une épargne de précaution pour les mauvaises années n’a pas besoin d’assurance récolte. À ceux qui pensent que l’assurance récolte en agriculture permettrait de se dispenser de politique agricole et de solidarité nationale, la CR répond que l’idée de remplacer une mauvaise PAC par un tel système d’assurance, lui-même financé en partie par la PAC, est piégée car elle ne résout pas le problème de fond. Celui-ci est de garantir d’une part une rémunération juste du travail de l’agriculteur et d’autre part un approvisionnement pour nourrir les populations. Il est évident que l’assurance ne nourrit que l’assureur, pas le consommateur et que c’est l’assureur qui gagne de l’argent, pas l’assuré !