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Artificialisation des terres agricoles : mesurer c’est bien, agir c’est mieux

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Artificialisation des terres agricoles : mesurer c’est bien, agir c’est mieux

Dans les prochains mois, nous verrons peut-être apparaître un énième outil national de mesure de l’artificialisation des terres. Après plusieurs tergiversations, le Gouvernement acte la mise en place d’une mesure somme toute minimale. Même si nous sommes bien loin de la ‘‘taxe béton’’ imaginée par Nicolas Hulot en 2018…

Chaque année, près de 55 000 hectares de sols sont artificialisés. Peu ou prou l’équivalent de 6 fois Paris intra-muros… L’extension du béton se fait pour les deux tiers aux dépens des terres agricoles. Des terres cultivables sont ainsi imperméabilisées pour longtemps. Majoritairement situées en plaine, les emprises poussent inexorablement les agriculteurs vers les terres les plus inaccessibles.

Les sols agricoles perdus le sont pour de longues décennies, car même abandonnés, les sols artificialisés ne sont pas rendus à l’agriculture. On préfère accroître les surfaces bétonnées plutôt que de ‘‘casser’’ celles qui ne servent plus.

A quoi ce nouvel outil de mesure va-t-il servir ?

La CR s’interroge sur la création d’un nouvel outil d’observation. L’artificialisation des sols est déjà surveillée et ce depuis longtemps. Certes, une amélioration des méthodes des observatoires existants serait bienvenue. Même si elles ne sont pas exemptes de défauts, les études actuelles convergent toutes vers une même conclusion depuis des décennies : le béton est le principal prédateur des terres agricoles. Une sentinelle de plus n’apportera aucune solution.

La CR propose d’agir plus directement sur le phénomène : protégeons les terres agricoles.

Terres agricoles : comment les protéger ?

En zones périurbaines, en adaptant le statut du fermage pour permettre l’existence des Aires urbaines de production agricole (Aupa). Permettre ainsi à des activités nécessitant peu d’espace (maraîchage, horticulture…) de participer à la diversité des paysages, au développement des circuits courts et de proximité. C’est le sens de la proposition de loi que nous soutenons depuis plus d’un an.

Il faut également protéger les surfaces existantes (hors zones périurbaines) et conférer aux Chambres d’agriculture de véritables pouvoirs décisionnaires, dès lors que les terres agricoles sont vouées au béton.

Lors du dernier Salon de l’agriculture, le président de la République faisait le triste constat du phénomène en rappelant que la France avait perdu le quart de sa surface agricole sur les 50 dernières années. Oublions donc les observatoires, agissons.