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Arrêt de la castration à vif des porcelets : les éleveurs ne doivent pas supporter seuls les coûts engendrés

Porcelets

Arrêt de la castration à vif des porcelets : les éleveurs ne doivent pas supporter seuls les coûts engendrés

Suite à l’arrêt de la castration à vif des porcelets, la CR Bretagne avait sollicité un rendez-vous auprès du président du Comité régional porcin de Bretagne (CRP) afin d’échanger sur les conséquences de cette décision et trouver, en toute transparence et avec l’ensemble des partenaires de la filière régionale, des solutions pour que les éleveurs ne soient pas les seuls à supporter les coûts engendrés.
Il en va de l’intérêt des agriculteurs, qui ont besoin d’être accompagnés dans le changement que suppose cet arrêté.

Lors de leur rencontre organisée début octobre avec monsieur Bizien, président CRP, sa vice-présidente, madame Joliff, monsieur Bloch, président de l’UGPVB, et son directeur, monsieur Crolais, notre délégation a présenté les propositions du syndicat sur le sujet, à savoir :

  • que le prix de base soit un prix moyen s’appliquant à une population de porcs femelles et mâles entiers,
    que la qualité, en matière d’odeurs des carcasses de porcs mâles entiers, soit mesurée en abattoir sous la responsabilité d’Uniporc-Ouest,
  • que les coûts afférents à ce contrôle qualité ne soient en aucun cas financés via une cotisation supplémentaire prélevée aux éleveurs,
  • qu’aucune pénalité ne soit affectée aux mâles odorants pendant au moins 3 ans,
  • que les coûts afférents à ce contrôle qualité soient financés par les abattoirs et l’État pendant au moins 3 ans, le temps pour les éleveurs de mettre en place leur organisation de travail et de contraintes techniques.
Nous souhaitons également être associé au travail sur le changement de grille ou/et de paiement des porcs aux éleveurs.

Si les éleveurs ont l’autorisation d’utiliser un anesthésiant, nous demandons que la formation à l’utilisation des nouvelles méthodes d’utilisation d’analgésie et anesthésie, soit financée en intégralité par l’État et l’interprofession Inaporc, et que l’achat de produits ou d’outils pour l’utilisation d’analgésie ou anesthésie soit subventionné à 80 % les trois premières années par l’État et Inaporc .

Précisément, concernant les coûts afférents à ces contrôles qualité, nous demandons qu’ils soient financés par les abattoirs et l’État pendant au moins 3 ans. De cette manière, l’État pourra contrôler que l’argent sert bien aux contrôles qualité pour les mâles entiers, et non à une cotisation supplémentaire diluée vers des organisations intermédiaires. Les éleveurs paient assez de cotisations sans explication et sans jamais savoir à quoi sert l’argent !

Un syndicat représentatif

La CR Bretagne a profité de cette rencontre pour faire part de sa volonté d’intégrer le CRP Bretagne et participer ainsi aux discussions concernant le changement de grille de paiement, conséquence de la production de mâles entiers. La Coordination Rurale siège depuis plusieurs années au sein de l’interprofession nationale, et il paraît normal à présent de siéger au sein du CRP Bretagne aux côtés des autres syndicats agricoles représentatifs.
Demande refusée par madame Joliff qui, pour seul motif, a expliqué que les statuts du CRP devraient être modifiés si nous y siégions…

Lors de cet entretien, la délégation est revenue sur une demande de décembre 2018 (!) et a ainsi rappelé à monsieur Bloch qu’elle souhaite, via sa section Porcs, participer aux réunions de concertation et de travail sur le projet d’AOP et que nous nous tenons donc à sa disposition, qu’il s’agisse de procéder à une rencontre préalable ou directement à des réunions de concertation. Dans l’intérêt des producteurs et dans le respect du pluralisme syndical, il nous paraît logique d’associer l’ensemble des syndicats agricoles à la démarche. Pour la CR, un tel travail, mené en étroite collaboration avec l’ensemble des parties prenantes, aurait permis de donner une légitimité accrue et une véritable utilité à la structure qu’il envisage de créer.

À ce jour, la CR Bretagne et la section Porc du syndicat n’ont jamais été concertées, et le projet ne leur a jamais été présenté. En tant que syndicat qui défend les intérêts des agriculteurs, la Coordination Rurale a besoin d’une présentation claire avec des éléments tangibles et en toute transparence.