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Anticiper la menace de la sécheresse qui s’annonce…

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Anticiper la menace de la sécheresse qui s’annonce…

La crise sanitaire et les bouleversements qu’elle induit s’ajoutent à la fois aux difficultés préexistantes et aux conditions climatiques. Les difficultés et les problèmes liés au confinement ne sont pas encore derrière nous, mais dès aujourd’hui, il faut anticiper les conséquences d’une sécheresse que tout annonce.
La Coordination Rurale a donc sollicité le ministre de l’Agriculture pour que soient prises dès aujourd’hui des mesures visant à limiter les effets inflationnistes sur les prix des fourrages et assurer des récoltes plus abondantes. Dans notre métier, on agit aujourd’hui pour récolter demain, on stocke aujourd’hui pour utiliser demain. On prévoit… Y compris la sécheresse.

La valorisation des jachères

Les agriculteurs constatent d’importants retards de pousse d’herbe. Début avril, l’indice d’humidité des sols était globalement en-dessous de la normale.
La sécheresse a sévi les années précédentes et a vidé les stocks fourragers de beaucoup d’éleveurs. Ils ne peuvent par conséquent pas retarder les mises à l’herbe des animaux. L’achat de fourrage en cette période est quasiment inenvisageable du fait des problèmes de transports mais aussi de l’absence de disponibilités financières. Actuellement, une surexploitation des prairies, fragilisées par les sécheresses précédentes ou récemment implantées, diminuerait fortement leur potentiel de production. Il ne faut pas dès à présent mettre en péril les récoltes futures.

La Coordination Rurale a donc demandé au ministre de l’Agriculture d’obtenir rapidement l’autorisation de l’Union européenne pour les éleveurs d’utiliser leurs surfaces en jachère pour faire pâturer leurs troupeaux, et aussi pour les céréaliers de les mettre à disposition des éleveurs, tant pour la pâture que pour un fauchage ultérieur.
Les centres équestres, dont l’activité est totalement à l’arrêt alors que les vacances scolaires ont démarré, pourraient ainsi réduire eux aussi les coûts alimentaires et augmenter les aires d’exercices des chevaux dont certains sont maintenus en box.
Et il serait tout à fait appréciable que cette demande n’aboutisse pas tardivement, lorsque les jachères n’auront plus aucune valeur alimentaire…

Le transport de paille

L’année 2019 a été marquée par un manque conséquent de fourrage, foin et paille, pour alimenter et loger les animaux, ce qui laisse beaucoup d’éleveurs sans marge de manœuvre pour 2020, et très vulnérables en cas de nouvelle sécheresse.

Selon le service de la statistique et de la prospective de votre ministère, les surfaces implantées en céréales d’hiver ont diminué de 4,1 % par rapport à l’an dernier, soit la sole la plus faible depuis les cinq dernières années. Dans l’attente d’informations complémentaires sur les implantations de céréales de printemps, qui ne devraient pas permettre un rattrapage suffisant, de fortes tensions sur le marché de la paille sont à craindre. Si, comme l’an dernier, les utilisations non agricoles de paille sont importantes, les éleveurs n’auront pas de quoi satisfaire les besoins de leurs animaux.

En plus, cette faible disponibilité impactera nécessairement les tarifs, il convient également d’anticiper toutes les difficultés liées à la situation sanitaire actuelle. A ce jour, il est impossible de savoir dans quelles conditions se dérouleront les moissons. Il est cependant à craindre que les transporteurs soient peu disponibles pour assurer le transport de paille, car il y aura nécessairement beaucoup de demandes provenant de l’industrie par exemple, mais aussi d’autres secteurs d’activité à la solvabilité meilleure qu’une agriculture très fragilisée par cette crise supplémentaire.

En cette période difficile, les agriculteurs se sont montrés solidaires de l’ensemble de la population, il serait donc juste d’attendre de nos concitoyens la réciprocité. Dans toutes les régions, les céréaliers et les éleveurs auront besoin du soutien des métiers du transport.

La Coordination Rurale a donc demandé au ministre de l’Agriculture d’initier dès à présent une série de mesures visant à garantir l’approvisionnement fourrager – à des coûts raisonnables – des éleveurs pour qu’ils puissent assurer l’alimentation et le logement des animaux : rendre le transport de fourrage prioritaire, réserver la paille à des utilisations agricoles, accorder la gratuité des péages aux transporteurs livrant les éleveurs, ouverture des accès aux bourses de transports pour faciliter les mises en contact entre transporteurs et agriculteurs…