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Agriculture ! Un champ de ruines…

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Agriculture ! Un champ de ruines…

Les agriculteurs vont très très mal

Mais… certains d’entre eux vont très très bien !

39 000… 54 576… 63012… 68172…*

Ces chiffres ne vous disent rien ? C’est normal, mais sachez que ce sont des euros.

Combien faut-il d’hectares selon vous pour sortir ces revenus ? Sachez que ce ne sont pas des frais de déplacement, une voiture de fonction est fournie… Sachez aussi qu’il n’est pas besoin de puiser sur ces revenus puisqu’une retraite complémentaire est offerte…

Voilà le traitement de monsieur le président de la Caisse régionale de Crédit Agricole (CRCA) Touraine-Poitou depuis 2012. Ne faites pas le total, cela vous donnerait le vertige.

Pas de souci pour payer les emprunts de la ferme, pas de souci pour l’avenir. Par contre, si vous avez des difficultés, ce même CRCA n’hésitera pas à venir saisir votre ferme.

Suggestion : un temps de président pour tous les agriculteurs en difficulté ? À tour de rôle ? Pas de compétence particulière, pas besoin d’avoir fait Maths sup., Maths spé., ou une grand école, le poste n’est pas obtenu sur concours, mais sur cote argus syndicale ou autre méthode vérouillée ! Ce qui compte, c’est d’être présenté et parrainé au poste.

Qui accepte d’avoir des parts sociales pour permettre à un individu d’obtenir un pont d’or?

Sachez que le prédécesseur (celui qui m’a fait la leçon en 2002 lors de la faillite Chaboisson) émargeait en 2010 à 106 920 € et en 2011 à 111 000. Comme vous pouvez l’imaginer, très vite comme le prédécesseur ce seront les deux mains au lieu d’une dans le pot de confiture…

D’autres chiffres parmi 16

128 613… 122 055… 105 433… 155 001…*

Là encore ce sont des euros. Cette fois, ce sont les émargements des administrateurs nationaux de Groupama. À part 5 sur 16, tous les autres sont des exploitants agricoles. Quant au président national du Conseil d’administration, une vraie mine avec 320 452 € perçus en 2014.

Ces informations sont des minimas, d’autres fonctions annexes peuvent ajouter monnaies et avantages qui permettent d’être dans un autre monde : celui des profiteurs.

Nous pouvons tous être effrayés par nos situations financières respectives dans nos fermes. Mais nous ne devons pas avoir d’inquiétude pour ceux qui prétendent nous représenter dans des organismes qui osent s’appeler « mutuel » où ne se pratique plus le célèbre « un pour tous » mais bien au contraire le « tous pour quelques-uns ».

Derrière cela, il y a souvent une base syndicale

A ce propos, le syndicalisme existe-t-il pour « servir » ou « se servir » ?

Le syndicalisme a-t-il pour vocation de défendre les intérêts de tous les membres d’une profession, ou permettre à quelques-uns de se placer dans des fromages ?

Avons-nous affaire à des agriculteurs à titre principal ? Chacun n’a-t-il pas été confronté un jour à un problème de cumul en CDOA, à la Safer ? Qu’en est-il des « jetonnés de présence », de ces professionnels en costume ? Ne sont-ils pas des « cumulards » d’un autre genre ?

Choisir de défendre une profession, se mettre au service des autres ce n’est pas, bien sûr, tout donner et se mettre financièrement dans le rouge. Il est normal de recevoir des compensations, mais lorsque celles-ci atteignent des niveaux qui déconnectent le responsable du milieu dont il a la charge, c’est ce même milieu qui est trahi et mis en danger.

Nous sommes aujourd’hui moins de 300 000 exploitations agricoles professionnelles. Combien demain ? À quoi ont servi les 4 ministres fournis par la grande maison syndicale ? À quoi servent tous les ex ou actuels responsables syndicaux, qui pantouflent en haut de l’organigramme (la place est meilleure) et dans les organisations professionnelles agricoles et para-agricoles (immenses coopératives, MSA, banques, assurances, et autres multinationales) ?

Aujourd’hui, en ce mois de septembre 2016, je constate que l’agriculture française et les agriculteurs en particulier sont sur un champ de ruines…

Ne faut-il pas s’interroger sur une possible relation de cause à effet ? Sur un désastreux transfert de responsables de la défense professionnelle pure au profit d’intérêts contraires aux producteurs ?

Rappelons que la Coordination Rurale interdit statutairement à ses responsables de diriger une grande organisation économique, ceci pour exclure les conflits d’intérêts.

Jean-René Gouron, CR86

*Sources : Rapports financiers CRCA 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, et tableaux des jetons de présence (en euros) du document de référence 2014 Groupama paru le 24 avril 2015.