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Endettement des éleveurs : les zones intermédiaires particulièrement touchées

Agriculteurs sacrifices autres benefices

Endettement des éleveurs : les zones intermédiaires particulièrement touchées

L’Observatoire de l’endettement et des trésoreries a publié son dernier rapport semestriel, basé sur les clôtures comptables hivernales.

Dans la lignée des précédents rapports, la situation des éleveurs bovins reste catastrophique. Premier résultat : les produits sont stables d’année en année, alors que les charges ne cessent d’augmenter (+13 à +23 € par UGB – unité de gros bétail – en fonction des zones). L’alimentation et les charges de structures sont en particulier responsables de ces hausses.

Il en résulte une dégradation de l’EBE (excédent brut d’exploitation), sauf pour les exploitations de montagne qui ont pu limiter ces hausses de charges.

Le revenu disponible reste faible, à 16 600 € par UTH (unité de travail humain) familiale en moyenne. Il suit des tendances similaires à l’EBE : il diminue considérablement en 2017 dans le Grand Ouest et dans le bassin allaitant, et augmente légèrement en zone de montagne, même si c’est là que demeure le revenu le plus faible (à 14 500 € / UTH familiale).

Il en résulte une disparition de la marge de sécurité pour les exploitations hors montagne. Les zones du Grand Ouest sont dans une situation particulièrement critique, où plus du tiers des exploitations ont une trésorerie nette globale négative. Ce résultat n’est hélas pas surprenant, dans la mesure où les éleveurs de cette zone ont été les grands perdants de la dernière réforme de la PAC en raison de la convergence des aides. Toutefois, l’étude montre que l’ensemble des zones intermédiaires sont touchées.

Face au manque de rentabilité de la production bovine, les éleveurs proches de la retraite manquent de perspectives pour assurer la transmission de leur outil, alors que les jeunes ont la possibilité d’investir dans des productions plus rentables.

Pour redynamiser ces zones, les réflexions sur la PAC 2020 devraient se pencher sur l’exemple italien, qui a su maintenir les ateliers d’engraissement grâce à des aides spécifiques.

En effet, en raison des aléas climatiques des dernières années, les charges fourragères devraient encore augmenter, et le produit viande diminuer en raison de la baisse de la fertilité des vaches.