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Entretien avec Willy Schraen : chacun reste sur ses positions

Entretien avec Willy Schraen : chacun reste sur ses positions

Lydie Deneuville et Michel Le Pape (section Dégâts de gibier de la CR) rencontraient le président des chasseurs, Willy Schraen, le mercredi 25 janvier.
Nous avons remis à Monsieur Schraen un document rassemblant l’ensemble de nos propositions. A l’écoute, il refuse cependant la plupart de nos demandes.

Bientôt le retour du droit d’affut ?

La Coordination Rurale demande une régulation des populations la plus forte possible. Constatant que le système d’indemnisation est à bout, Willy Schraen est favorable à ce que les agriculteurs récupèrent le droit d’affût sur les terrains qu’ils exploitent, droit qu’ils ont perdu en 1968. Pour déterminer la position des chasseurs, cette question devra être votée en CA puis lors du Congrès national des chasseurs.

Nos mesures anti-crise agricole sont retoquées

Pour les mesures de solidarité que nous demandons, sur fond de crise agricole : dérogation aux seuils, permis de chasser et bracelets gratuits ; Willy Schraen répond NON ! « Je ne peux pas demander de tels efforts à nos fédérations. La crise est chez nous aussi ! ».

Leurs contraintes financières sont fortes : 20 fédérations au bord de la faillite, 3 sous tutelle, budgets difficiles à boucler pour le permis, idem pour les bracelets.

Mais par ailleurs, certaines fédérations, qualifiées de « baronnies », disposent aussi de réserves confortables. Mais la mutualisation n’est pas de mise !

Les dérives sont perçues comme des cas particuliers

Selon M. Schraen, la chasse française paye correctement tous les dégâts, le plus souvent sans discuter. Sur 35 000 à 40 000 dossiers par an en France, seuls 100 remontent en CNI. Lydie Deneuville et Michel Le Pape répondent que beaucoup de dossiers ne remontent pas et énormément de dégâts ne sont même pas déclarés. De nombreux dysfonctionnements semblent ne pas remonter à la Fédération nationale !

M. Schraen est prêt à se pencher personnellement sur des cas choquants mais considère qu’il s’agit seulement de cas particuliers. Globalement, le système d’indemnisation fonctionne même s’il arrive en bout de course. « Il y a des gens malhonnêtes partout, chez les chasseurs comme chez les agriculteurs. Il ne faut pas faire de cas particuliers le cas général. Mais je sais qu’en tant que syndicat, votre rôle est aussi de défendre les cas particuliers ».

Pour les indemnisations, la FNC se retranche derrière le code de l’environnement, suivi à la lettre

Exemple du bio ou de la vente directe : si l’agriculteur peut apporter la preuve (factures, comptabilité, faisant foi auprès du fisc) d’un prix de vente, pourquoi la FDC n’en tiendrait pas compte ? Réponse : pour le Code de l’environnement, c’est la surface multipliée par le rendement !

« Si vous souhaitez des évolutions, demandez une modification du Code de l’environnement ! Ce n’est pas à nous chasseurs qu’il faut les demander ! ».

La FNC est ouverte à notre demande sur la dématérialisation des déclarations de dégâts, elle a d’ailleurs commencé à se pencher dessus.

Des tirs de nuit plutôt que des clôtures ?

Pour les clôtures, la CR demande qu’un cadre national soit posé car il n’est pas acceptable de laisser toutes les contraintes peser sur l’agriculteur. Mais W. Schraen préfère laisser chaque département faire comme il l’entend, car il y a trop de diversité de situations au niveau national.

En outre, « il y a d’autres méthodes que les clôtures, comme les battues administratives et les tirs de nuit. S’il ne peut y avoir de battue en période de chasse, en revanche, les tirs de nuit sont toujours possibles. C’est au Préfet de décider. Dans mon département, le louvetier bénéficie d’une autorisation permanente de tir de nuit, ce qui est très efficace ».

Mais si ces tirs de nuit sont efficaces dans un département sans gros gibier comme le Pas-de-Calais, ils ont clairement montré leurs limites dans les départements où le gibier est abondant !

RDV avec Willy Schraen_1

De gauche à droite : Michel Le Pape (vice-président de la section Dégâts de gibier de la CR), Lydie Deneuville (présidente), Benoit Guibert (FNC), Willy Schraen (président de la FNC)

Conclusion : une fédération nationale sans réel pouvoir ?

Les fédérations départementales sont très autonomes. En règle générale, Willy Schraen n’a aucun pouvoir sur les FDC, qui n’ont aucun compte à rendre à la FNC. « Je ne peux pas forcer une fédération à demander le classement du sanglier nuisible ».

Entre les FDC, les choses sont très cloisonnées : il n’y a pas de caisse commune pour l’indemnisation des dégâts de grand gibier par exemple.

Mais alors, à quoi sert la fédération nationale ?