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40 ans d’Interfel : la vision de la CR

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40 ans d’Interfel : la vision de la CR

Il nous aura fallu plus de 10 ans pour entrer à l’interprofession des fruits et légumes frais. 10 ans à se battre contre le véto de la « rue de la Baume », car les familles de l’aval étaient elles depuis très longtemps ouvertes à notre entrée à Interfel. Les familles de l’aval, ce sont nos partenaires commerciaux habituels, l’ANEEFEL, l’UNCGFL, l’UNFD et l’ensemble des GMS. Pendant tout ce temps, nous avons continué à porter de notre côté nos propositions visant à obtenir des prix rémunérateurs et une régulation de nos productions, par des propositions d’amendements, à la réforme de l’OCM…

Notre histoire à Interfel reste courte, car entrés il y a 2 ans à l’interprofession, il nous a bien fallu 1 an pour en saisir le fonctionnement et intégrer les travaux en cours. C’est une belle machine institutionnelle, qui permet un lobby auprès des pouvoirs publics et une communication auprès des consommateurs. C’est un outil au service de tous, et Interfel a su le prouver à deux reprises ces deux dernières années. Premièrement en ouvrant ses portes au pluralisme syndical agricole, car Interfel a été la seconde interprofession à le faire, bien en avance sur la grande majorité d’entre elles. Savoir accepter les différences d’opinions dans une assemblée est un gage d’ouverture, de capacité de dialogue et aussi une prise de risque. Nous ne sommes pas toujours d’accord, mais c’est cette diversité qui fait avancer les débats et qui permet aussi de mettre réellement au service de tous les outils communs. Second exemple : la création du logo « Fruits et Légumes de France » accessible à tous sans distinction, sans cachet ni cahier des charges, avec des visuels en téléchargement libre. C’est réellement se mettre au service de toutes les entreprises de FetL françaises.

Interfel a 40 ans, et nous formulons 4 vœux pour l’avenir de l’interprofession :

  • que les actions d’Interfel et du Ctifl permettent de donner avenir et stabilité aux productions françaises de manière à relancer l’installation des jeunes
  • une constance dans le dialogue
  • l’aboutissement des travaux collectifs, notamment sur les relations commerciales, de manière à créer toujours plus de valeur ajoutée, dans un contexte réglementaire simple et vrai au regard des réalités des marchés et des métiers
  • une meilleure lisibilité des actions pour les cotisants, afin de susciter leur intérêt et leur adhésion aux projets interprofessionnels

Interventions de JL Ogier aux 40 ans d’Interfel

Quel regard portiez-vous sur l’interprofession avant d’y entrer ? Ce regard a-t-il changé maintenant que vous y êtes ?

Il nous aura fallu plus de 10 ans pour entrer à l’interprofession des fruits et légumes frais. Nous n’avions pas attendu après cela pour travailler avec ceux qui sont nos partenaires commerciaux habituels de l’amont : l’ANEEFEL, l’UNCGFL, l’UNFD et la GMS. Nous n’avions pas attendu non plus pour proposer une autre politique pour nos productions. L’entrée à Interfel a été pour nous le signe d’une réelle représentativité syndicale de l’interprofession. Nous y sommes entrés pour répondre à des valeurs de dialogue, d’esprit collectif et de construction, avec l’ambition de construire un projet commun de valeur ajoutée. Nos fondamentaux n’ont pas changé, nous portons toujours la voix de nos adhérents et avons toujours des propositions bien spécifiques. Les familles qui composent Interfel ont toujours les mêmes valeurs et les mêmes positionnements, notre regard sur elles ne change pas. Nous avons par contre acquis une meilleure connaissance de l’interprofession et de ses travaux : nous avons donc une meilleure visibilité sur ce qui est réalisé.
Pour vous, le grand combat c’est de maintenir et de développer le potentiel de production des Fruits et Légumes en France, en permettant aux jeunes notamment de reprendre des exploitations. Que faut-il faire avec l’interpro pour y arriver ?

La question est difficile. Est-ce réellement du ressort d’Interfel de faire ce travail ? Je ne le pense pas. Interfel peut réaliser un lobby, être facilitateur. Mais ce n’est pas l’interprofession qui fixe les règles du jeu. Aujourd’hui les exploitations manquent de rentabilité. Elles croulent sur les normes, la sur-règlementation, les contrôles, les charges sociales et fiscales… Comment donner envie aux jeunes de s’installer quand un agriculteur gagne en 2015 moins que le RSA ? C’est au gouvernement français et à l’Union européenne d’entendre que sans régulation, nous n’aurons plus de fruits et légumes français demain. Car le libre-échange n’est pas une réalité économique viable. Nous devons inventer une autre politique agricole, et l’interprofession peut nous aider en appuyant nos propositions par un lobby efficace. Elle peut aussi, en étant un lieu de dialogue entre acteurs économiques, être le creuset de propositions facilitatrices pour nos entreprises, notamment sur les contrats, les délais de paiement et nous œuvrerons à cela.

(seul le prononcé fait foi)