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Agriculture et OMC


1- Introduction

L’EXCEPTION AGRICULTURELLE à L’OMC (ex-GATT). L’objet de cette étude n’est pas de critiquer globalement la mondialisation. Notre seule ambition est de démontrer que le secteur de l’agriculture que nous connaissons bien est très différent de tous les autres et qu’en raison de ses spécificités, il est absolument incompatible avec le libre-échange mondial et doit donc faire l’objet d’une politique particulière. Lire la suite

2- Pourquoi l’exception agriculturelle est-elle nécessaire ?

La théorie de Ricardo dite des « avantages comparatifs » qui inspire le libre-échange, objectif premier de l’OMC, doit conduire en principe à une spécialisation des pays dans un système harmonieux d’échanges commerciaux, pour le plus grand bien de l’humanité… N’épiloguons pas… constatons seulement que techniquement, si l’on s’en tient à la seule fonction de production, cette théorie peut s’appliquer à l’industrie. Par exemple : il serait possible qu’un pays comme le Japon devienne le seul fabricant mondial d’appareils photographiques. Cette perspective est par contre absolument irréalisable en agriculture. Pour de multiples raisons fondamentales, vitales, économiques et sociales l’agriculture ne peut être soumise au libre-marché. Lire la suite

3- Des solutions complémentaires

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4- Des raisons d’espérer

Aujourd’hui de plus en plus de gens prennent conscience des conséquences catastrophiques de la mondialisation de l’agriculture :

• Les Américains eux-mêmes font marche arrière et se sont mis en marge de l’OMC.
• L’agrandissement de l’UE va poser des problèmes considérables de tous ordres si nous ne changeons pas de PAC.
• L’immigration grandissante inquiète l’Europe.
• La faim dans le monde est intolérable.
• L’émergence des latifundia d’Amérique du Sud et des ex-Kolkhozes soviétiques, avec notamment l’arrivée du "blé de la Mer Noire", à un prix correspondant à peu près à la moitié du coût de revient du blé européen est un événement d’une importance énorme qui devrait avoir une influence décisive sur la politique agricole mondiale. Toutes les décisions tournaient jusque là autour du duel USA - UE (témoins les accords sur les céréales fixés en fonction de la bourse de Chicago qui ne peuvent plus nous protéger du blé russe).
Les Américains étaient considérés comme les agriculteurs les plus compétitifs et les Européens compensaient par leur productivisme (avec les problèmes environnementaux qui en découlent). Cette situation est aujourd’hui complètement dépassée.
Les propriétés gigantesques dont certaines de plusieurs dizaines de milliers d’hectares (voire même de centaines de milliers d’hectares) qui exploitent une main d’œuvre à des prix honteusement bas, de 10 à 40 fois inférieurs aux salaires européens, sont devenues beaucoup plus compétitives que les nôtres grâce à l’apport de capitaux étrangers.
Donc si nous ne nous protégeons pas, nos agricultures seront détruites par ces systèmes moralement et socialement inacceptables.
Par conséquent, la conjoncture n’a jamais été aussi favorable pour que les USA et l’UE s’entendent sur une réforme de la politique agricole actuelle. Une paix agricole entre ces deux grandes puissances serait bienfaisante pour le monde entier. Un accord serait facile à trouver en laissant l’Europe rééquilibrer ses cultures (cf page 21 et 22).

• Certaines sociétés qui n’avaient pas perçu que la mondialisation fonctionnait dans les deux sens export et import, commencent à s’apercevoir qu’elles auraient intérêt à rester prioritaires sur le grand marché européen (conçu à cet effet…) plutôt que d’aller courir ailleurs. Par exemple Doux Brésil concurrençant Doux Bretagne c’est absurde. La bonne solution c’est Doux Bretagne vendant ses poulets dans l’Union Européenne et Doux Brésil approvisionnant les Brésiliens.
• D’une manière plus générale la mondialisation de l’économie conduit à la constitution de monopoles, augmente le nombre des pauvres et la pollution par les transports. Elle recueille de plus en plus de détracteurs.

Nous devons absolument prendre conscience de l’énormité des enjeux. Continuer cette politique agricole criminelle pour les hommes et pour la nature est d’autant plus monstrueux que nous avons vu qu’il n’en coûterait rien d’en changer ; bien au contraire, les contribuables feraient des économies. Il est extrêmement urgent de réformer radicalement la PAC et de reconnaître aux agriculteurs le droit de vivre dignement de leur travail dans un système économique normal.

Il ne reste donc plus qu’à convaincre les hommes politiques de reprendre, avec un peu de courage et pour le plus grand bien de l’humanité, le pouvoir qu’ils ont abandonné à une poignée de transnationales.

L’agriculture occupe une place importante dans le patrimoine culturel mondial ; c’est pourquoi elle doit aussi être protégée contre l’uniformisation et la perte de biodiversité qui résulteraient de l’influence grandissante des transnationales agroalimentaires et agrosemencières dans le cadre de la mondialisation.

« L’exception agriculturelle » à l’OMC doit être admise comme moyen indispensable à mettre en œuvre pour construire une autre PAC et pour mettre un terme à la faim et à la pauvreté dont souffre la moitié de l’humanité.

Jacques LAIGNEAU Ingénieur Agronome Président d’honneur de la COORDINATION RURALE

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12 avril 2006, dans Agriculture et OMC
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