
Monsieur Le Ministre,
Pour la Coordination Rurale l'engraissement est une activité clef de la filière bovine. En effet, la forte spécialisation du cheptel allaitant français vers la production d'animaux maigres implique une fragilité de notre filière et une forte dépendance vis à vis des marchés extérieurs.
C'est pourquoi le développement de l'engraissement doit permettre de sécuriser notre production de viande bovine, et pour cela, il est nécessaire de mettre en place un véritable plan de développement de cette activité sur le territoire national.
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Cependant, il nous faut bien constater que les propositions que vous avez récemment présentées ne répondent ni aux ambitions ni aux attentes de l'élevage français. Le montant de l'enveloppe allouée à cette production est bien trop faible pour espérer dynamiser ce secteur en apportant une faible augmentation de revenu au regard du poids de cette aide dans le prix de vente au kilo de carcasse.
Nous sommes également sceptiques quant à l'objectif de cette aide et y voyons un moyen détourné d'imposer la contractualisation. Le manque de revenu d'un grand nombre d'éleveurs les obligera à accepter de s'enchaîner à un acheteur pour bénéficier de cette aide.
La Coordination Rurale envisage un plan plus ambitieux qui doit permettre d'assurer un revenu digne aux éleveurs par le prix de vente de leur production. Ce plan se doit d’être orienté vers les producteurs de viande spécialisés et se traduire par une aide à l'installation spécifique aux exploitations bovin viande qui nécessitent des capitaux importants, par la mise en place d'un soutien aux trésoreries sur du long terme en regard des cycles de production. Dans cette perspective nous sommes prêts à vous adresser des propositions concrètes afin de rendre à la viande bovine sa place dans l'agriculture française.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance de notre haute considération.
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Bernard LannesPrésident de la Coordination Rurale
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