L’agroalimentaire remplit ses poches
L’agroalimentaire communique sur son « obligation » de répercuter la hausse des coûts matières premières aux consommateurs. Ce sera tout profit pour ce secteur qui, quel que soit l’avenir, ne reviendra plus sur les tarifs du premier semestre 2012 (la démonstration en a déjà été faite après la hausse de 2007, la baisse des cours de 2009 n’a eu aucun effet de baisse sur les prix alimentaires de l’époque).
Chaque effet à sa cause !
De nombreux responsables se plaisent aujourd’hui à évoquer l’effet pernicieux des spéculateurs sur cette envolée des prix du maïs ou du blé. La CR et l’OPG souhaitent rappeler plusieurs points trop vite oubliés :
- La Politique Agricole Commune n’a cessé depuis 1992 de prôner la dérégulation des marchés des grains. La version 2014 de la PAC ne sera pas mieux pourvue à cet effet.
- Le prix des céréales n’a cessé de baisser au cours des 20 dernières années, en valeur courante, pour être globalement au niveau de ce qu’il était en 1980. Quelle profession aurait pu s’accommoder d’une telle condition ? Cette baisse tendancielle du prix ne serait-elle pas la principale responsable de l’insuffisance de production ?
- Huit années sur dix la production mondiale de céréales est inférieure à la consommation... et les stocks internationaux ne font que baisser. Le moindre phénomène climatique anormal vient donc accentuer cette situation de crise et inciter les spéculateurs à intervenir sur un marché complètement dérégulé.
- La consommation mondiale ne cesse d’augmenter. Les producteurs agricoles subissent toujours plus de contraintes qui limitent leurs rendements et les réglementations actuelles ne limitent pas la baisse des stocks, elles l’accélèrent.
La Coordination Rurale et l’Organisation des Producteurs de Grains rappellent leur recommandation de considérer le secteur agricole comme un secteur stratégique à part entière.
Si aucune inflexion significative n’est apportée au projet de PAC actuelle, il y a fort à parier que le pic « céréales » (une production inférieure aux besoins de consommation entraînant une réduction des stocks) soit atteint. Un signal alarmant que les marchés semblent de plus en plus intégrer.