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Leclerc et la référence à un prix du lait à 350 €

Leclerc et la référence à un prix du lait à 350 €

Certains magasins Leclerc ont déjà augmenté les prix sur leurs produits laitiers Marque de distributeur (MDD) pour permettre une rémunération de 350 € la tonne de lait aux producteurs. Des hausses allant jusqu’à 21 % sur du gruyère Marque Repère ont déjà été constatées ! Ces plus-values rejoindront-elles les trésoreries des producteurs ? Quand et à quelle hauteur ? Ne vont-elles pas permettre d’augmenter encore discrètement les marges de la distribution ? Leur dilution dans le volume des industries agro-alimentaires (IAA) ne constituera-t-elle pas encore un faux alibi pour les industriels ?

350 € dans les contrats ; combien pour les producteurs ?

En fait, une hausse hypothétique de 21 % des prix des produits laitiers dans les grandes surfaces, si elle était entièrement transférée aux producteurs sans que les secteurs de la distribution ni de la transformation n’augmentent leurs marges, c’est en réalité plus de 25 % de hausse sur les prix sortie industrie laitière.
Partant d’une hypothèse que ces derniers sont de 800 €/tonne (ou 0,8 €/kg), soit la valorisation basse de ces industriels laitiers (elle est en moyenne supérieure à 1 200 €/t), et qu’ils subissent une hausse générale de 25 % (+ 200 €/t ou + 0,20 €/kg), et que ces produits représentent 50 % des ventes de produits laitiers en grandes et moyennes surfaces (GMS) en France, cela conduirait à un prix de plus de 400 €/tonne (ou 0,40 €/kg) aux producteurs contre un prix à peine supérieur à 300 €/t aujourd’hui !

La valorisation très lucrative du lait

Ce transfert vers les producteurs et d’autant plus possible que l’Observatoire de la formation des prix et des marges estimait par exemple l’augmentation des marges brutes des IAA à + 10 % et celle des GMS à + 8 % entre 2014 et 2015 pour un litre de lait demi-écrémé UHT. Certes, le lait de consommation ne représente qu’une faible part des ventes de produits laitiers mais les co-produits (crème, caséine……) sont valorisés en sus… et à quels prix ? La cotation du beurre s’approche des 6 000 €/t aujourd’hui en Europe ! Autre exemple, le pôle santé de Triballat valorise la tonne à plus de 3 500 €. La poudre de lait entier et le lait infantile exportés en 2015 ont été valorisés respectivement à près de 3 700 € et 5 000 €/tonne ! (source Cniel).

Notons enfin que l’observatoire financier des entreprises agroalimentaires du Crédit Agricole a évalué à + 22,3 % l’amélioration de la rentabilité des leaders du lait entre 2014 et 2015 !

En conclusion, une référence à 350 € dans les contrats industriels-distributeurs

ne correspond à aucun retour aux producteurs

Les promotions abusives doivent être interdites et les extra-valorisations doivent être davantage prises en compte.

Si les États généraux de l’alimentation ne peuvent remédier efficacement et honnêtement à ces manipulations éhontées, doit-on s’y fatiguer ? Ou doit-on plutôt continuer à revendiquer l’exception agriculturelle pour soustraire l’agriculture à tous ces accords internationaux qui précipitent les prix dans un abîme mortel pour les producteurs européens ?

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