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Pourquoi le cours du porc est-il à la baisse ?

Pourquoi le cours du porc est-il à la baisse ?

Cette semaine, le Marché du porc breton (MPB) est passé sous la barre symbolique des 1,40 €/kg. D’ailleurs, cette baisse du cours du porc est commune à l’ensemble des marchés européens. L’Organisation nationale des éleveurs de porcs (Onep), section spécialisée de la Coordination Rurale, demande à tous les acteurs de la filière d’identifier les causes de cette nouvelle baisse, de les comprendre et de trouver des solutions efficaces et pérennes pour les éleveurs.


La concurrence des États-Unis tire les prix vers le bas

Ces dernières semaines, le nombre de porcs sur le marché mondial est à la hausse. Aux États-Unis, il a augmenté de 3,4 % et depuis la mi-juin, les prix n’ont cessé de dégringoler pour atteindre ces derniers jours 1,04 €/kg. Les cours américains atteignent leur plus bas niveau depuis 2009 et cela pèse inévitablement sur le commerce international dont les niveaux de prix sont largement influencés.

Impossible de lutter contre les États-Unis

Pour Pascal Aubry, éleveur en Mayenne et responsable de la section porcine de la CR, « depuis la réforme du Farm Bill, il est impossible de lutter contre la concurrence américaine. » En effet, il existe une couverture des pertes de prix (PLC), c’est-à-dire que les agriculteurs paient une facture d’assurance chaque année et reçoivent son appui durant les périodes où les prix des produits de base tombent. « La grande différence avec la PAC est que la politique américaine garantit à ses agriculteurs un revenu minimal en période de cours déprimés » résume Pascal Aubry, avant de tempérer : « ce système incite les agriculteurs à produire toujours plus, sans se soucier des débouchés. Plus ils produisent, plus ils gagnent ! »

En s’attaquant aux effets de crise, l’assurance compense une partie de la perte mais sans jamais la résoudre. Telle est la raison pour laquelle l’Onep continue de réclamer une régulation des productions, seule solution durable.

« Tous ceux qui avaient prévu une bonne fin d’année se trompent. Le marché russe restera fermé car ce pays profite de l’embargo pour atteindre l’autonomie. La baisse du nombre de truies en Europe sera largement compensée par la hausse de la productivité dans les élevages. Par ailleurs, le prix élevé du porc en Chine va les inciter à développer leur production. Nous n’avons pas vocation à être l’oiseau de mauvais augure, mais il serait temps d’ouvrir les yeux sur la réalité du marché ! »

 

 



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