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Comptes de l'agriculture : Des prévisions optimistes qui ne masquent pas l'inquiétante réalité

Publié le mercredi, 12 décembre 2012 16:40

A la veille des élections aux Chambres d'agriculture, la traditionnelle annonce des prévisions de revenu pour les agriculteurs vient d'être faite par la Commission des Comptes de l'Agriculture.

L'optimisme à toute épreuve de la Commission des Comptes

Le temps serait au beau fixe : encore une hausse de revenu, évaluée à plus de 6 % en moyenne. L'année serait globalement satisfaisante en grandes cultures avec un contexte international des prix très favorable. La CR relativise : il ne faut pas oublier que les charges d'approvisionnement continuent de s'alourdir avec la continuelle envolée du prix  des engrais (+ 14 %) uniquement contrôlée par une réduction de leurs achats (- 15 %). Sans compter la mise en place du Gazole Non Routier qui a particulièrement plombé les comptes des exploitations. Cela risque de peser à court terme sur la productivité.

En outre, la disparition de fait de l'outil d'épargne de précaution (DPI ou DPA) est particulièrement regrettable car il trouvait toute son utilité en 2012. Le rapport confirme à cet égard que le matériel agricole pèse pour plus de 2/3 des achats et que ceux qui parviennent à investir ont les meilleurs résultats....

Sur le terrain, une réalité différente

L'ensemble des éleveurs est fortement impacté par la hausse des charges alimentaires, avec des prix toujours trop faibles à la production pour y faire face. Pour les laitiers qui doivent travailler sur la ferme 365 jours par an, cela induit par exemple un revenu de 20 % inférieur à la moyenne. Les aides à la cessation laitière auraient été moins sollicitées en 2012 qu'en 2011, la CR attend avec grande inquiétude les chiffres définitifs, au vu des échos dramatiques qui remontent du terrain. D'autres secteurs comme la viticulture ou l'horticulture sont également loin d'être épargnés par la crise et ont vu leur revenu divisé par deux depuis 2000 (en termes réels).

Un avenir bien incertain

La seule lisibilité que les agriculteurs ont pour 2013 leur indique la continuelle augmentation des cours de leurs approvisionnements et un risque de plus grande précarité, mais rien sur les prix qui ont été abandonnés au marché mondial à partir de 1992. Rien que sur les 10 dernières années, les dépenses en matière de régulation des marchés et de maîtrise de l'offre ont été réduites respectivement de 80 % et de 95 % !

L'agriculture a la capacité de participer au redressement productif de la France et de l'Europe, pourvu qu'on lui en laisse les moyens. A ce titre, les prochaines élections aux Chambres d'agriculture seront déterminantes pour sanctionner les orientations prises et les échecs des PAC successives, dont il faut tirer les leçons pour 2014 : il est urgent de peser en faveur d'une réforme profonde de la PAC, dans l'intérêt tant des consommateurs que des agriculteurs.

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