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Christian Provent, agriculteur en moyenne montagne

Publié le jeudi, 08 septembre 2011 09:01

Christian Provent, agriculteur en moyenne montagne

Savoir s'adapter : une obligation pour s'en sortir lorsque l'on est agriculteur en moyenne montagne. Christian Provent l'a rapidement compris. Au fil des années, il a su innover et se renouveler pour conserver une exploitation rentable.

S'adapter à son environnement

Christian Provent s'installe en 1985 sur l'exploitation laitière familiale située à 800 mètres d'altitude, à Puygros, à 20 km de Chambery.

Situé en zone « Tome et Emmental », Christian doit faire face à certaines contraintes : d'abord, le morcellement de l'exploitation, courant dans ce type de région, mais également la réglementation en matière d'alimentation (alimentation en herbe à 80 %, interdiction des ensilages à l’exception de l’épi de maïs) et de races laitières (sauf exception, Montbeliarde, Tarentaise et Abondance).

L'un des premiers objectif s'impose alors : l'autonomie en fourrage. Christian organise son exploitation pour améliorer la qualité des fourrages. Il regrette d’ailleurs, dans les cahiers des charges de certains AOC, l’absence d’obligation de production de l’alimentation sur l’exploitation.
Dans ce cadre, il participe à l’action Prairies fleuries du PNR des Bauges, dont l’objectif est de maintenir la diversité des espèces naturelles composant les prairies permanentes du Parc (50 espèces recensées).

Assurer la rentabilité

Dès son installation, Christian avait pour ambition de développer son activité de manière à conserver une exploitation familiale rentable, qu’il pourrait transmettre à la fin de sa carrière.

Malheureusement, il se heurte rapidement à un manque de main d’œuvre et doit faire un choix : augmenter sa production laitière ou diversifier son exploitation.

L’augmentation du nombre de vaches laitières entraînant une augmentation de capital trop importante, il décide de développer un atelier de production et découpe de viande en 2003.

Après une période de formation et quelques investissements, il rejoint le groupe des « Marques Parc » du PNR des Bauges. Il commercialise aujourd'hui une douzaine de génisses et 20 veaux de lait par an en caissettes de 5kg, directement aux particuliers et sur commande.

La réussite de l’atelier, qui assure aujourd’hui environ 20 % du chiffre d’affaire de l’exploitation, lui a permis de traverser plus facilement que d’autres la crise de la filière laitière. En effet, le lait produit en zone AOC n’est pas suffisamment bien valorisé, notamment en zone « tomme emmental ».

S'engager syndicalement

Pour Christian, même si la production laitière en zone AOC ne représente qu’une très faible partie de la production nationale, son importance économique, culturelle et environnementale mérite un autre traitement. « Si notre production reste malmenée, il sera impossible de maintenir une agriculture familiale et rentable en Savoie. Moi, c'est pour cette agriculture-là que je me bats ! ». Président de la CR73, Christian n'a pas toujours été syndicaliste, mais la situation inquiétante de l'agriculture et l'absence de réaction des gouvernants l'ont poussé à se mobiliser. Il s'engage ainsi, au début des années 2000 à la Coordination Rurale pour, dit-il« défendre le métier et l'avenir de la profession agricole ».

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